«Je croyais que la religion apaise les choses, mais les Ibadou rahmane de l’université semblent nous démontrer le contraire.» C’est par ces mots que le Recteur de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a débuté son discours lors de la cérémonie d’inauguration du Centre d’apprentissage libre et à distance (Aled) de l’Ucad. Abdou Salam Sall essayait de justifier l’absence du Doyen de la faculté des sciences et techniques (Fst), appelé à la dernière minute à intervenir suite à une descente à la Fst des étudiants Ibadou de l’Ucad pour exiger la libération de trois de leurs camarades inculpés pour trafic de drogue.
Le Recteur a même annoncé que les Ibadou les ont obligés à tenir l’Assemblée de l’université, lundi prochain. D’ailleurs, le Conseil restreint de l’Ucad avait, dans un communiqué, demandé des sanctions disciplinaires contre les fautifs, «conformément aux dispositions réglementaires en vigueur».
30 à 35 MILLE NOUVEAUX BACHELIERS ATTENDUS
Abdou Salam Sall a aussi émis des craintes concernant l’orientation des futurs bacheliers. «Nous allons recevoir 30 à 35 mille nouveaux bacheliers dans les prochaines années et je ne vois pas de dispositif mis en place pour absorber tout ce monde. L’Ucad ne peut pas contenir tous ces bacheliers composés de 70% de littéraires et, elle va juste orienter dans la limite des places disponibles. Nous allons aborder ce sujet-là au cours de notre rencontre de lundi pour voir ce qu’il est possible de faire, car aucune disposition n’est prise pour trouver une solution à ce problème», précise M. Sall qui présidait la cérémonie d’inauguration du centre Aled.
Face aux problèmes de moyens posés par le directeur du centre Aled, Ibrahima Niang, le Recteur avouera toute son incapacité à satisfaire cette doléance. «L’enseignement supérieur de qualité nécessite énormément d’argent. Il faut qu’on sorte de la logique française. Mais, je ne vois pas dans les ressources de l’Ucad des moyens ou financements qu’on pourrait mettre à votre disposition», indique-t-il.
Abdou Salam Sall dit regretter aussi que l’argent mis au niveau de l’Uemoa par la Bad puisse dormir là-bas. «Nous avons besoin d’argent pour fonctionner», lance-t-il.
Devant le recteur de l’Université virtuelle africaine (Uva), M. Sall soutient qu’il n’a jamais cru au projet de l’Uva, «quand elle venait d’être lancée. Je ne voyais pas ce qu’elle pourrait nous apporter. Mais, aujourd’hui, grâce au projet Aled on a concentré toute la quincaillerie au Centre de calcul», dit-il.
Pour Bakary Diallo, le recteur de l’Uva, les technologies de l’information et de la communication, à travers le programme Aled, ont une possibilité de lutter contre la pléthore d’effectifs dans les universités africaines. Cela, «en limitant la formation en présentiel et en misant sur la formation à distance». «Les Tic ont le potentiel d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur en Afrique et les activités de recherche. Cette initiative est motivée par le désir de voir l’Afrique se développer à un niveau où ses citoyens peuvent rivaliser et entrer en compétition avec n’importe qui dans le reste du monde», lance-t-il.Le centre Aled est le fruit d’une collaboration entre l’Ucad et l’Uva et a été financé par la Banque africaine de développement (Bad). Les centres Aled sont mis en place dans 10 pays africains. Les autorités gouvernementales, invitées à la cérémonie d’inauguration de celui de l’Ucad, ont brillé par leur absence. Même la Bad, qui a financé le projet, n’a pas envoyé de représentant à la manifestation. Une absence que semble déplorer un peu le Recteur de l’Ucad.
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